Chambre des Députés du Grand-Duché de Luxembourg

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29 April 2020

Covid-19 : une probable récession de 6%

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l’impact de la crise du Covid-19 sur les perspectives économiques du Luxembourg.

Le STATEC estime que le PIB du Grand-Duché pourrait se contracter de l’ordre de 6% en 2020. Cette estimation fait partie du Programme de stabilité et de croissance (PSC), qui est envoyé chaque année en avril par les États membres à la Commission européenne. Il a été présenté aux députés en même temps que le Programme national de réforme (PNR), par les Ministres Pierre Gramegna et Franz Fayot.

Les députés n’ont pas manqué de noter que le PSC évoquait également des hypothèses plus négatives, prévoyant même une chute possible du PIB de jusqu’à 12,4%  en 2020. Interrogés à ce sujet, Pierre Gramegna et ses équipes ont expliqué que cette seconde hypothèse reflétait la possibilité d’une “seconde vague” de l’épidémie du Covid-19, qui mènerait à un reconfinement.

Pierre Gramegna parle d’une crise très profonde et très rapide qui entraîne des modifications importantes par rapport aux prévisions effectuées avant la crise. Le Ministre a également rappelé que c’était la première fois dans l’histoire que la Commission européenne avait décidé de mettre les objectifs à atteindre pour les économies nationales dans le PSC, qui fait partie du Semestre européen, entre parenthèses . Ceux-ci auraient été impossibles à atteindre.

10,4 milliards pour le paquet de stabilisation

Le paquet de stabilisation adopté face à la crise par le Luxembourg évolue. Il était initialement de 8,8 milliards en mars. Aujourd’hui il représente 10,4 milliards d’euros, soit 17,5% du PIB. Ce changement reflète selon Pierre Gramegna l’évolution des conséquences de la situation sanitaire sur les mesures à adopter. La mesure la plus coûteuse est celle du régime de chômage partiel qui représente 989 millions d’euros.

Malgré ces contraintes, le Ministre a tenu à souligner que la décision avait été prise de ne pas réduire les investissements, meilleur moyen selon lui de rebondir après la crise. A la question d’un député de savoir si la crise révélait la nécessite de réorienter la politique d’investissements, Pierre Gramegna répond par l’affirmative. Selon le Ministre, une analyse en ce sens sera nécessaire afin d’obtenir un bond qualitatif et aller vers une « renaissance » de l’économie.

Le déficit des administrations publiques, comprenant l’administration centrale, les administrations locales et la Sécurité sociale, est estimé pour 2020 à 8,5% du PIB, soit 5 milliards d’euros, alors qu’un excédent de 750 millions d’euros était initialement prévu. La dette publique devrait grimper, de façon mécanique, à 28,7% du PIB en 2020, restant en dessous du seuil maximal de 30 % que s’est fixé le gouvernement et en dessous des 60 % autorisés au niveau européen.

Le Ministre a souligné qu’il ne fallait pas se faire d’illusions : les finances luxembourgeoises seront encore longtemps impactées par les événements récents.

PNR: santé, industrialisation et marché intérieur

Le Ministre de l’Economie Franz Fayot a quant à lui présenté le PNR, second document qui est remis chaque année à la Commission européenne. Il tire certaines conclusions de la crise :

– l’importance de renforcer les investissements dans les infrastructures et le personnel de santé, ainsi que dans les biotechnologies

– l’actualité de la stratégie Rifkin, l’importance d’une transition écologique

– l’importance de renforcer le marché intérieur dans une perspective d’une moins grande dépendance économique

– privilégier la coopération au niveau de la Grande Région, relancer l’industrie au Luxembourg, dans le respect de l’environnement

La question de savoir pourquoi le télétravail, qui a révélé toute son importance pendant la crise, n’était pas un thème majeur dans le PNR présenté par le Ministre a été abordée par les députés. Franz Fayot a expliqué que le Conseil national de la productivité allait travailler de façon renforcée sur ce sujet dans les mois qui viennent.

De nombreuses autres questions ont été posées pendant le débat qui a suivi la présentation effectuée par les membres du Gouvernement. Les députés ont notamment voulu savoir si la prévision de retour mécanique de la croissance à 7% en 2021 prévue dans le PSC n’était pas trop optimiste . Pour Pierre Gramegna, ce retour qui intervient après un recul de 6 % et ramène la croissance à un taux légèrement positif n’est ni optimiste ni pessimiste.

Les députés ont voulu savoir pour combien de temps la Commission européenne prévoyait de mettre entre parenthèses ses critères de stabilité. Pierre Gramegna a affirmé qu’ils sont mis entre parenthèses cette année et jusqu’à nouvel ordre, sans se prononcer sur une période plus importante. Dans le même contexte, les députés se sont demandé s’il ne serait pas opportun de changer les règles en ce qui concerne l’attribution de prêts par la Banque centrale européenne. En effet, actuellement elle ne peut pas prêter directement aux États et passe par l’intermédiaire de banques.

La thématique du financement du « green deal européen » pour laquelle l’UE souhaite des investissements à hauteur de mille milliards d’euros et qui est abordée dans le PNR a été discutée. Les députés ont noté leur scepticisme, lié au fait que ces investissements nécessitaient une participation des États membres et que ceux-ci avaient souvent du mal à se mettre d’accord sur ce type de questions.

Retrouvez plus de détails quant au PSC.

Un débat en séance publique

Les députés discuteront à nouveau de cette thématique lors d’une séance publique prévue la semaine prochaine.

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Source: http://www.chd.lu/wps/portal/public/Accueil/Actualite/ALaUne/?current=true&urile=wcm%3Apath%3Aactualite.public.chd.lu/ST-www.chd.lu/sa-actualites/16bcef8f-3c0b-4b2e-80ee-53fd946c8a2b

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City: Luxembourg

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Tessy Hansen

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